Espagne : Madrid dément l’existence d’un plan d’urgence visant le Maroc

Publie a 16h

Le gouvernement espagnol dément catégoriquement avoir commandé un quelconque « plan de contingence » dirigé contre le Maroc. Une mise au point qui intervient après la diffusion, par la télévision publique espagnole RTVE, d’informations faisant état de la préparation d’un dispositif destiné à répondre à une éventuelle nouvelle crise migratoire à Sebta.

Le gouvernement espagnol a fermement démenti l’existence d’un quelconque plan d’urgence visant le Maroc, après la diffusion d’informations par la télévision publique espagnole faisant état de la préparation supposée d’un dispositif destiné à faire face à une nouvelle crise migratoire à Sebta.

Selon des sources proches de la présidence du gouvernement, citées par plusieurs médias espagnols, aucune mission officielle n’a été confiée à une administration, un ministère ou un organisme public afin d’élaborer un tel dispositif. La Moncloa assure notamment qu’aucune étude, aucun rapport et aucun document portant sur un éventuel « plan d’urgence » contre le Maroc n’a été commandé.

La controverse est née après la diffusion, mardi 18 août, dans l’émission « Mañaneros 360 » de RTVE, d’informations selon lesquelles le gouvernement espagnol aurait demandé au secteur énergétique d’étudier la dépendance du Maroc vis-à-vis de l’Espagne.

Selon la télévision publique, cette étude aurait notamment porté sur les flux d’électricité, de gaz et d’hydrocarbures entre les deux pays, ainsi que sur les infrastructures exploitées ou gérées par Red Eléctrica et Enagás. Le document aurait, selon cette version, été destiné à préparer d’éventuelles « mesures dissuasoires » dans l’hypothèse d’une nouvelle crise migratoire à Sebta.

RTVE avait également avancé plusieurs chiffres concernant la dépendance énergétique marocaine à l’égard des infrastructures espagnoles. La chaîne publique évoquait notamment une forte proportion du gaz importé par le Maroc transitant par des infrastructures espagnoles, ainsi qu’une part significative de l’électricité consommée au Royaume provenant d’Espagne.

Ces proportions ont toutefois été présentées par RTVE et ne correspondent pas, sous cette forme, aux statistiques officielles disponibles, selon les données citées dans les médias espagnols.

Face à l’ampleur prise par ces révélations, le ministère espagnol des Affaires étrangères, dirigé par José Manuel Albares, a également démenti l’existence d’un prétendu « plan de contingence » énergétique contre le Maroc.

Des sources gouvernementales citées par la presse espagnole ont confirmé que l’exécutif ne travaillait pas sur une initiative de cette nature. Cette clarification a d’ailleurs conduit certains médias ayant relayé l’information initiale à modifier ou actualiser leur présentation.

Le démenti intervient alors que Madrid continue officiellement de présenter Rabat comme un partenaire stratégique.

Le même jour, la ministre espagnole de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations et porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, a qualifié le Maroc de « partenaire fiable », affirmant que le Royaume « n’est pas une menace ni pour l’Europe ni pour l’Espagne ».

La ministre a également souligné que la coopération avec Rabat avait joué un rôle essentiel dans la gestion de la récente crise migratoire à Sebta.

Sur le terrain énergétique, les données disponibles montrent par ailleurs l’existence de flux entre les deux pays. Selon les chiffres d’Enagás, 992 GWh de gaz ont été exportés vers le Maroc via Tarifa en juillet 2026, pour un total de 4.950 GWh entre janvier et juillet. De son côté, Red Eléctrica faisait apparaître, au 18 août, un solde exportateur espagnol de 16,9 GWh vers le Maroc.

Ces échanges illustrent l’interdépendance croissante entre les deux économies, sans pour autant démontrer l’existence d’un dispositif gouvernemental visant Rabat.

Le démenti intervient également dans un contexte où le gouvernement espagnol insiste régulièrement sur l’importance de sa coopération avec le Maroc.

Le 11 août, lors d’un déplacement à Sebta, José Manuel Albares avait déclaré entretenir des contacts quotidiens avec son homologue marocain Nasser Bourita, qualifiant le Maroc de « partenaire fondamental » dans la gestion de la frontière.

La coopération entre Madrid et Rabat couvre notamment la lutte contre l’immigration clandestine, les réseaux de trafic de migrants, la sécurité et la coopération policière.

Dans ce contexte, la diffusion d’informations évoquant la préparation d’un dispositif de pression contre le Maroc avait naturellement suscité des interrogations sur une éventuelle évolution de la politique espagnole.

Alors que la coopération maroco-espagnole demeure officiellement présentée comme solide, le démenti de la Moncloa vise ainsi à mettre fin aux spéculations nées de la diffusion de l’information par RTVE.

En l’état, Madrid affirme qu’aucun plan d’urgence dirigé contre le Maroc n’a été commandé et qu’aucune étude officielle n’a été engagée à cette fin. La polémique semble donc davantage relever d’une information médiatique contestée par l’exécutif que d’une nouvelle stratégie officiellement adoptée par le gouvernement espagnol.

Laisser un commentaire

Site Web créé avec WordPress.com.

Retour en haut ↑