Maroc : le roi Mohammed VI nomme le gouvernement de Fatima Ezzahra El Mansouri, un exécutif « politique » et renouvelé

Publie a 15h30

Le souverain a présidé au Palais Royal la cérémonie de nomination de la nouvelle équipe gouvernementale, qui a prêté serment. Femmes, jeunes, intelligence artificielle et justice sociale : le pouvoir affiche ses priorités.

Le Maroc a un nouveau gouvernement. Vendredi 16 octobre 2026, le roi Mohammed VI a présidé au Palais Royal de Rabat la cérémonie de nomination des membres de l’exécutif. Les ministres ont ensuite prêté serment devant le souverain, qui a posé avec eux pour la traditionnelle photo.

Fatima Ezzahra El Mansouri est nommée Cheffe du gouvernement. L’équipe compte 20 ministres, dont le secrétaire général du gouvernement, Hassan Tariq, et 11 ministres délégués.

Les ministères de souveraineté restent aux mains de figures établies. Abdelouafi Laftit conserve l’Intérieur, Nasser Bourita les Affaires étrangères, Abdellatif Ouahbi la Justice et Ahmed Toufiq les Habous et les Affaires islamiques. Fouzi Lekjaa est nommé à l’Économie, aux Finances et à la Performance publique, et Nizar Baraka à l’Équipement, à l’Eau et aux Forêts.

Parmi les autres titulaires de grands portefeuilles figurent Nabil Benabdallah (Éducation nationale), Youns Bjijou (Santé et Protection sociale), Khalid Hatimy (Agriculture et Pêche), Ryad Mezzour (Industrie et Commerce) et Azzeddine El Midaoui (Enseignement supérieur et Recherche).

La nouveauté la plus visible est la création d’un ministère de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’administration, confié à Ahmed Rahhou. Aïcha Guellaa le seconde comme ministre déléguée chargée de la Réforme de l’administration.

L’architecture gouvernementale repose par ailleurs sur des ministres délégués placés auprès de ministères sectoriels, par exemple pour la Pêche maritime, le Commerce extérieur, le Préscolaire, la Formation professionnelle ou l’Artisanat. Selon la presse arabophone, cette organisation écarte le recours aux « secrétaires d’État ».
Le gouvernement met en avant six orientations : une organisation tournée vers l’efficacité, le renouvellement et la jeunesse, une forte dimension politique, la mobilisation face aux défis, la dignité et la justice sociale, et l’équité territoriale.

Il affirme vouloir assumer ses choix, porter les réformes et en rendre compte. Il se réfère au récent communiqué du Cabinet Royal, qui appelait à un gouvernement pleinement engagé autour de priorités communes. La performance, prévient-il, se mesurera aux « améliorations concrètes dans la vie des citoyens », sans promesses de « solutions faciles ».
On retient surtout trois traits : un « retour de la politique », avec des profils aux parcours partisans et militants, un renouvellement par les femmes et les jeunes, tempéré par des éléments de continuité, et des chantiers prioritaires comme l’égalité, l’intelligence artificielle, l’efficacité publique, la souveraineté alimentaire, l’innovation et le dialogue social.

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