Publie a 14h30
Le roi Mohammed VI a présidé une séance de travail consacrée à l’avancement du complexe portuaire et industriel Nador West Med et à l’extension de Tanger Med, avec le lancement prochain de Tanger Med 3. Mobilisant plusieurs dizaines de milliards de dirhams, ces projets ambitionnent de renforcer la position du Maroc dans les chaînes logistiques mondiales, de consolider sa souveraineté énergétique et de favoriser la création d’emplois.
Le Maroc poursuit le développement de ses infrastructures portuaires. Le roi Mohammed VI a présidé, au Palais royal de Rabat, une séance de travail consacrée à deux projets majeurs : le complexe portuaire et industriel Nador West Med, dont le premier terminal à conteneurs doit entrer prochainement en exploitation, et l’extension de Tanger Med, marquée par le lancement imminent des travaux du nouveau port Tanger Med 3.
Cette réunion s’inscrit dans la continuité des orientations royales visant à doter le Royaume d’un système portuaire compétitif, capable d’accompagner les mutations du commerce international et la recomposition des chaînes de valeur mondiales.
Au-delà des infrastructures, l’enjeu est également industriel, énergétique et territorial. Les autorités marocaines entendent renforcer l’attractivité du pays pour les investisseurs internationaux, tout en faisant de ces grands projets des leviers de développement économique et de création d’emplois.
Situé sur la façade méditerranéenne du Royaume, le complexe Nador West Med constitue l’un des principaux projets structurants du Maroc. Conçu pour compléter l’offre portuaire de Tanger Med, il associe des infrastructures maritimes à des plateformes industrielles, logistiques et énergétiques.
Le projet représente un investissement global de 54 milliards de dirhams, comprenant 17 milliards de dirhams d’investissements publics et 23 milliards d’investissements privés consacrés aux infrastructures portuaires, auxquels s’ajoutent 14 milliards de dirhams destinés aux infrastructures de connexion.
Le premier terminal à conteneurs, situé à l’est du complexe et concédé au groupement Marsa Maroc-MSC, disposera d’une capacité de 3,5 millions de conteneurs et de 1 520 mètres de quais.
Un second terminal, à l’ouest, exploité par le groupement Marsa Maroc-CMA CGM, offrira une capacité supplémentaire de 1,8 million de conteneurs. Sa mise en service est prévue en avril 2027.
À terme, les deux terminaux permettront au complexe d’atteindre une capacité annuelle de 5,3 millions de conteneurs, renforçant ainsi les capacités de traitement du trafic maritime du pays.
Nador West Med ne se limite pas au transport de marchandises. Le projet comprend également une importante composante énergétique, destinée à consolider la sécurité d’approvisionnement du Royaume.
Le terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) pourra traiter jusqu’à 5 milliards de mètres cubes par an. Il disposera de 360 mètres de quais et d’un tirant d’eau de 20 mètres.
Le terminal dédié aux hydrocarbures doit, quant à lui, atteindre une capacité de traitement de 25 millions de tonnes. Il sera associé à une zone de stockage de 170 hectares, dont 82 hectares sont déjà aménagés.
Le potentiel total de stockage est estimé à 4 millions de mètres cubes, tandis que les capacités actuellement accessibles sur les terrains aménagés sont évaluées entre 1,8 et 2 millions de mètres cubes.
La mise en service du terminal à hydrocarbures est annoncée pour avril 2027.
Le complexe accueillera également un terminal vraquier d’une capacité de 7 millions de tonnes et un terminal de marchandises diverses pouvant traiter jusqu’à 3 millions de tonnes. Un terminal roulier, doté d’une capacité de 400 000 unités et de 380 mètres de quais, complète les installations, avec une mise en service prévue en septembre 2026.
Ces équipements doivent contribuer à diversifier les activités portuaires du Maroc et à renforcer son positionnement dans les échanges énergétiques et commerciaux internationaux.
Le développement de Nador West Med s’accompagne d’importants investissements dans les infrastructures de transport. Une liaison ferroviaire de 49 kilomètres doit relier Selouane au complexe portuaire, tandis qu’une liaison autoroutière de 105 kilomètres est prévue entre Guercif et Nador West Med.
Ces infrastructures doivent faciliter l’acheminement des marchandises, améliorer la desserte des zones industrielles et renforcer les connexions entre le port et l’arrière-pays.
La zone industrielle du complexe est déjà opérationnelle. Elle accueille une usine en activité et trois autres unités en cours de construction.
À l’horizon 2029-2030, Nador West Med devrait permettre la création d’environ 14 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects. Les perspectives de développement à plus long terme sont encore plus importantes, avec des projections pouvant atteindre 50 000 emplois directs et 90 000 emplois indirects.
Pour les autorités marocaines, la réussite du projet dépendra également de sa capacité à générer des retombées concrètes pour les populations locales, notamment grâce à la formation professionnelle et à l’intégration des jeunes dans les nouvelles activités industrielles et logistiques.
Parallèlement à Nador West Med, le Maroc prépare une nouvelle phase d’expansion de Tanger Med, devenu un élément central de sa stratégie portuaire et logistique.
Le projet Tanger Med 3 prévoit un investissement de 8 milliards de dirhams et la création d’une capacité supplémentaire de 4,5 millions de conteneurs par an.
Implanté à l’ouest de Tanger Med 2, le nouveau terminal à conteneurs TC5 comprendra 1 200 mètres de quais et environ 3 000 mètres de digues. Sa concession a été attribuée à Maersk-APM, acteur majeur du transport maritime mondial.
Le développement de Tanger Med s’accompagne également de l’extension du port passagers et rouliers, ainsi que de l’aménagement de nouvelles capacités au niveau de Tanger Med 2.
La fiche technique du projet mentionne notamment le développement du terminal TC6, qui doit permettre d’ajouter une capacité de 1,6 million de conteneurs.
À terme, l’ensemble du complexe portuaire de Tanger Med pourrait atteindre une capacité annuelle de 20 millions de conteneurs. Cet objectif placerait le port marocain parmi les dix premiers ports à conteneurs mondiaux, sous réserve de l’évolution du trafic et des capacités des autres grands hubs internationaux.
Avec Nador West Med et Tanger Med 3, le Maroc entend consolider sa place dans les grandes routes maritimes reliant l’Europe, l’Afrique, l’Asie et les marchés de l’Atlantique.
Le développement simultané de ces deux plateformes répond à plusieurs objectifs : augmenter les capacités de traitement des marchandises, attirer de nouveaux investissements industriels, renforcer les infrastructures énergétiques et améliorer la connectivité logistique du territoire.
Dans un contexte marqué par la réorganisation des chaînes d’approvisionnement et la recherche de nouvelles implantations industrielles, la disponibilité d’infrastructures portuaires performantes constitue un facteur déterminant pour attirer les opérateurs internationaux.
Le modèle marocain repose ainsi sur une articulation entre les ports, les zones industrielles et les réseaux de transport, avec l’ambition de dépasser le simple transit des marchandises pour développer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
Au terme de la séance de travail, le roi Mohammed VI a insisté sur la nécessité de faire bénéficier les provinces concernées des retombées économiques et sociales de ces projets.
Le souverain a notamment appelé à accélérer la mise en œuvre de programmes de formation adaptés aux besoins des nouvelles activités industrielles, logistiques et énergétiques, afin de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes.
Cette orientation souligne un enjeu essentiel pour les territoires concernés : transformer les investissements dans les infrastructures en opportunités économiques durables pour les populations locales.
La réunion s’est déroulée en présence du conseiller du roi Fouad Ali El Himma, du ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, du ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique Fouzi Lekjaa, du ministre de l’Équipement, de l’Eau et des Forêts Nizar Baraka, du ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Inclusion économique Ryad Mezzour, ainsi que de Fouad Brini, président du Conseil de surveillance de TMSA et du Conseil d’administration de Nador West Med.
Avec ces investissements, le Maroc poursuit la structuration d’un réseau portuaire capable de soutenir ses ambitions industrielles et commerciales. Le défi sera désormais de transformer cette montée en puissance logistique en croissance économique durable, en emplois qualifiés et en développement équilibré des territoires.

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