330 000 victimes d’agressions sexuelles ⛪️

330 000 personnes ont été victimes de violences sexuelles par des membres du clergés depuis 1950. 

C’est un chiffre absolument énorme qu’a dévoilé le rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels de l’église le mardi 5 octobre. 

Après plus de deux ans et demi d’enquête, la commission présidée par Jean Marc Sauvé, haut fonctionnaire constate que, 2900 à 3200 prêtres ou religieux pédo criminels ont sévis pendant près de 70 ans. Ce qui représente 2,5 à 2,8% de l’effectif total. 

Ce rapport de 450 pages et 2500 pages annexes a été demandé par la conférence des évêques de France et la conférence des religieux et religieuse de France. 

Un appel à témoignages a été lancée en 2019 et est resté ouvert 17 mois, permettant à près de 6500 personnes de s’exprimer.

Avant la prise de parole de Jean Marc Sauvé c’est monsieur François Devaux, fondateur de l’association de victimes La parole libérée qui s’exprime devant l’assemblé pour parler de son combat

Le Rapport Sauvé fait état de 216 000 victimes dans le cercle de l’église à laquelle s’ajoute 110 000 victimes par des laïcs en missions d’église, comme dans l’enseignement catholique des années 50. 

« La commission a longuement délibéré et elle est parvenue à une conclusion unanime : l’Eglise n’a pas su voir, n’a pas su entendre, n’a pas su capter les signaux faibles », a estimé Jean-Marc Sauvé, devant la presse.

L’enquête permet également de réaliser le fort taux d’agressions sexuels dans l’église, derrière le cercle familial, mais devant l’enseignement ou encore les organisations sportives. Ainsi, pour 100 personnes ayant fréquenté un milieu défini, 0,82% déclarent avoir subi des abus sexuels dans le milieu ecclésial.

Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF), un des commanditaires du rapport, a pris la parole pour exprimer sa « honte » et son « effroi », et a promis que la parole des victimes « ne restera pas sans effet ». 

La commission en a profité pour énumérer plusieurs dizaines de propositions dans plusieurs domaines : écoute des victimes, prévention, formation des prêtres et des religieux, droit canonique, transformation de la gouvernance de l’Eglise…

Elle a aussi préconisé une politique de reconnaissance, puis une réparation financière propre à chaque victime. Les faits sont presque toujours prescrits, les auteurs morts, rendant un recours à la justice improbable. « La question de l’indemnisation n’est pas un don, c’est un dû », a ajouté Jean Marc Sauvé, plaidant en faveur cette solution plutôt qu’un allongement des délais de prescription.

L’épiscopat a pris des mesures au printemps, promettant non pas des réparations mais un dispositif de « contributions » financières, versées aux victimes à partir de 2022. Les premières réponses seront annoncées en novembre, nul doute que ce rapport continuera de bouleverser l’église après plusieurs années de silence. 

Benjamin Degreve


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