Maroc : Mohammed VI fixe le cap d’une nouvelle étape économique et sociale et appelle à accélérer les réformes

Publié a 9h

À l’ouverture de la session parlementaire, le roi Mohammed VI a appelé à renforcer la compétitivité du Royaume, à placer la jeunesse au cœur des politiques publiques et à réduire les disparités territoriales. Le souverain a également plaidé pour une refonte de la coopération migratoire avec les partenaires européens, notamment l’Espagne.

Le roi Mohammed VI, accompagné du prince héritier Moulay El Hassan, du prince Moulay Rachid et du prince Moulay Ahmed, a prononcé vendredi un discours devant le Parlement marocain à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire, selon le texte communiqué.

Dans cette allocution, le souverain a défini les grandes priorités de la prochaine étape politique et économique du Royaume. L’objectif affiché est de consolider la position du Maroc parmi les économies émergentes, tout en veillant à une meilleure répartition des fruits de la croissance et au renforcement de la justice sociale et territoriale.

Dans un contexte international marqué par de profondes mutations géoéconomiques, Mohammed VI a appelé à accélérer les réformes et à engager une nouvelle génération de stratégies nationales.

La sécurité hydrique, énergétique et alimentaire figure parmi les priorités, aux côtés de l’industrialisation, de l’économie numérique et de l’intelligence artificielle. Le souverain a également insisté sur la nécessité de renforcer les réserves stratégiques du Royaume et de sécuriser l’approvisionnement en produits de première nécessité.

Le secteur privé est appelé à contribuer davantage à cette dynamique, notamment par l’investissement, la création d’emplois et le développement des exportations.

Au-delà des grands projets d’infrastructures, le discours met ainsi l’accent sur la capacité du Maroc à anticiper les crises, à renforcer son autonomie dans des secteurs essentiels et à consolider sa compétitivité économique.

L’emploi des jeunes et l’égalité des chances occupent également une place importante dans les orientations royales.

Le souverain a appelé à élaborer une vision intégrée associant éducation, qualification professionnelle et insertion économique. L’objectif est de permettre aux jeunes de mieux préparer leur avenir et de disposer de perspectives concrètes d’évolution sociale.

Cette priorité traduit la volonté de rapprocher les politiques éducatives des besoins économiques et de renforcer la confiance des nouvelles générations dans les institutions.

Pour le Maroc, l’enjeu consiste à transformer les avancées économiques en opportunités accessibles au plus grand nombre, notamment en matière de formation, d’emploi et de mobilité sociale.

Le développement des régions constitue un autre axe majeur du discours. Mohammed VI a souligné que les politiques publiques devaient s’appuyer davantage sur les réalités du terrain afin d’apporter des réponses adaptées aux difficultés propres à chaque territoire.

Le roi a notamment appelé à accélérer la mise en œuvre de la régionalisation avancée et de la déconcentration administrative, en dénonçant les retards qui freinent encore leur fonctionnement.

Il a insisté sur la nécessité de transférer effectivement les compétences, les moyens humains et les ressources financières de l’administration centrale vers les provinces et les régions.

Le renforcement des institutions régionales, la clarification de leurs attributions et l’amélioration de leurs capacités d’action doivent permettre de mieux coordonner les projets de développement.

L’ambition est claire : améliorer les services publics, stimuler l’investissement productif et faire en sorte que les bénéfices de la croissance soient mieux répartis entre les territoires.

Sur le plan international, le roi Mohammed VI a réaffirmé la volonté du Maroc de maintenir des partenariats fondés sur la confiance et le respect des engagements réciproques.

Le souverain a toutefois estimé que le modèle actuel de coopération migratoire avait atteint ses limites, évoquant les crises récurrentes et les difficultés qui persistent dans la gestion des flux migratoires.

L’Espagne a été particulièrement citée. Malgré les avancées enregistrées dans les relations bilatérales, notamment en matière de lutte contre l’immigration irrégulière, le discours pointe des obstacles juridiques et judiciaires qui compliqueraient, selon le souverain, le rapatriement de certains mineurs et de personnes dont le statut de réfugié est contesté.

Mohammed VI a également mis en garde contre l’instrumentalisation politique et médiatique de ces questions. Il a rappelé que le partenariat avec les pays européens reposait sur un choix souverain et ne pouvait, selon lui, faire l’objet de pressions ou de chantage.

Dans cette perspective, le Maroc prévoit de présenter à ses partenaires un document stratégique proposant une nouvelle orientation de la coopération, articulée autour du codéveloppement, de la compétitivité économique et de la stabilité régionale.

Cette démarche vise à redéfinir les modalités du partenariat migratoire avec l’Europe, dans un contexte où la gestion des flux humains demeure un sujet sensible des relations entre les deux rives de la Méditerranée.

Le discours a également été marqué par un passage consacré à l’identité nationale. Rappelant ses propos de 2014 sur la fierté d’être marocain, le souverain a souligné que ce sentiment demeurait intact et continuait de se renforcer.

Il a mis en avant l’ancienneté de l’État marocain, la richesse de son patrimoine religieux et culturel ainsi que les acquis politiques, diplomatiques, économiques et sociaux du Royaume.

Mais cette fierté nationale ne saurait, selon lui, se réduire à un sentiment d’autosatisfaction. Elle doit se traduire par un engagement collectif et un sens accru des responsabilités envers le pays.

En conclusion, Mohammed VI a rappelé aux parlementaires que leur mandat constituait un engagement politique et un contrat moral envers les citoyens.

Le souverain les a exhortés à être à la hauteur de cette responsabilité nationale, en soulignant qu’ils devraient répondre de leurs actes devant Dieu, les citoyens et l’histoire.

À travers ce discours, le roi a ainsi tracé plusieurs priorités pour la prochaine étape : accélérer la transformation économique, renforcer l’insertion des jeunes, réduire les inégalités territoriales et adapter la coopération internationale aux nouveaux défis.

La portée de ces orientations dépendra désormais de leur traduction en politiques publiques et en résultats concrets pour la population marocaine.

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